"Un miroir brisé" (extrait 1)
- Alexis Haubensack
- 1 juin 2017
- 3 min de lecture
[...]
Ayant entendu sonner à la porte, je me précipite pour ouvrir. Je ne suis que très peu surprise de l’avance de Yoann. Il devait lui être impossible de résister à mes charmes. C’est alors qu’en ouvrant la porte, je me retrouve face à un homme cagoulé me plaquant un chiffon sur le nez et la bouche. Puis, plus rien, le néant total. Je me réveille menottée aux barreaux de mon lit, portant un ruban adhésif m'empêchant de crier, sans comprendre la raison de cette situation. Je pleure en pensant à toutes ces choses abominables qu'il pourra me faire. Il va sûrement me tuer, ou pire encore, me violer, c’est-à-dire salir mon corps et mon honneur en même temps. Je me retrouve terrifiée à l'idée d'assouvir tous ses désirs sexuels. J’entends le parquet craquer à l’approche de ses pas, ainsi que ses chaussures grincer sur le sol. Mon cœur s'emballe au moment où je le vois arriver muni d’un couteau à la main dans ma chambre. À cet instant, mes larmes se mettent à couler abondamment. Il s'amuse à me terrifier en glissant son arme sur mes cuisses, mettant mon corps à sang. Je crois qu’il aime ressentir cette sensation de pouvoir qu’il exerce sur moi. Je l’entends rire, de plus en plus fort même. C’est alors que je le vois retirer délicatement la lame du couteau, puis la lever rapidement vers le ciel. Je sais que je vais mourir, j'en suis consciente et je crois d’ailleurs que la peur m’a quitté. Tout ce que j’espère, c’est qu’il achèvera rapidement mes souffrances. De mes entailles, un sang chaud ruisselle à foison… Mais la douleur, quant à elle, est de moins en moins forte. Au bout d’un certain temps, son corps se positionne au-dessus du mien, si bien que je sens son souffle chaud sur mon visage. Lorsqu'il se décide à parler, je remarque que sa voix n'est pas naturelle. Je suis quasiment certaine qu'il la modifie :
- Le chloroforme est un très bon élément chimique. Respiré, il provoque l'évanouissement. Ne crains rien, je ne te tuerai pas aujourd’hui. Nous n'avons même pas commencé à jouer…
C’est alors que j'entends des sirènes de police retentir au loin. Je me mets à prier pour que je sois la raison de leur venue. Pas plus haut que sa bouche, l’homme relève légèrement sa cagoule, dépose ses lèvres sur ma joue et repart en courant, il me dit : « Je ne t’oublie pas, tu seras ma proie ».
Au moment où un des policiers me libère, j’ai la sensation de revenir à la vie. Je sais que mon calvaire est encore loin d’être terminé, mais je ne peux m’empêcher d’être soulagée. Les officiers poursuivent leurs recherches sur le mystérieux homme cagoulé dans chaque recoin de chaque pièce de ma maison, mais celui-ci a désespérément disparu. Le policier qui m'a détaché me pose quelques questions :
- Avez-vous réussi à voir son visage ?
- Il portait une cagoule.
- Pensez-vous que quelqu'un dans votre entourage aurait pu vous faire du mal ?
- Qui n’aurait pas de raison de m’en vouloir ?
- À qui pensez-vous particulièrement ?
- Benoît, le directeur de l'agence où je travaille. Il pourrait aussi y avoir mon ancien petit ami ou ma collègue de travail… Vous savez, je n’ai que très peu d’amis.
- Nous en reparlerons demain, quand vous passerez au commissariat. Maintenant, il faut vous reposer. Cette soirée aura été éprouvante pour tout le monde. Votre voisin a reçu un coup sur la tête. Nous l’avons découvert dans votre salon. Une ambulance l’a transporté à l’hôpital, mais il est toujours inconscient.
- Comment avez-vous su ce qui se passait ?
- C’est lui-même qui nous a appelés avant de se faire assommer. Sans lui, vous seriez encore menottée à votre lit.
Le policier me donne son numéro de téléphone pour me rassurer, puis rejoint son partenaire, sorti de la maison après avoir inspecté toutes les pièces. Les ambulanciers, quant à eux, terminent de recouvrir mon corps de bandages.
À suivre...